Le sport automobile est une formidable vitrine des technologies qui arriveront, dans un futur plus ou moins proche, dans nos voitures de route. De nombreuses solutions, conceptions et améliorations qui sont aujourd'hui dans nos véhicules proviennent du sport automobile et de son ingénierie de pointe, sans que ce soit toujours mis en avant, mais celle-ci a également ses avantages dans des crises comme celle que l'on traverse actuellement.

Le sport auto nécessite des compétences multiples

La conception d'une monoplace de Formule 1, et a fortiori d'un prototype d'endurance, d'une monoplace de F2 ou d'IndyCar, ou même d'une voiture de rallye, est le résultat d'un bon nombre d'ingénieries différentes mises au service d'un même projet. Il faut tout aussi bien des ingénieurs spécialisés en thermodynamique, en mécanique des fluides, en aérodynamique, ainsi qu'en mécanique pure, pour réussir à assembler les dizaines de milliers de pièces qui constituent chacune de ces monoplaces. C'est la somme de ces compétences qui permet d'établir un projet solide et de gagner dans une discipline aussi complexe.

Ces capacités peuvent s'appliquer loin du carcan de la F1

Bien évidemment, cette faculté à concevoir, à fabriquer et à développer des pièces, sans arrêt et sans relâche, permet aux équipes de sport automobile, et en particulier de la F1, de disposer de formidables départements techniques. On a vu notamment les branches technologiques de Williams et Red Bull se lancer dans des projets éloignés du sport automobile, et c'est ce qui a poussé les autorités britanniques à faire appel aux équipes pour aider dans l'effort global face à la crise du coronavirus qui sévit dans le monde entier. Mark Gillan, responsable de cet appel, a décrit la F1 comme "une des meilleures industries qui existe. C’est une ingénierie de designs et d’analyse de la compétition qu’ils font tout le temps, jour après jour".

Le résultat : une aide précieuse en quelques jours

Rivales sur la piste, sept des dix équipes, celles qui sont basées au Royaume-Uni, se sont regroupées sous l'appellation Project Pitlane (littéralement Projet 'voie des stands') pour se mobiliser ensemble. La première demande effectuée par le gouvernement britannique a été de produire des respirateurs artificiels pour aider à équiper les hôpitaux londoniens, avec l'appui de l'université de la capitale anglaise, et un prototype de système équivalent a été conçu en quelques jours. Il ne s'agit pas d'un respirateur classique, mais d'un boîtier permettant de ventiler les patients. Et parce que l'ingénierie est très performante dans ce domaine, 100 prototypes ont été envoyés pour validation et utilisation immédiate, et un total de 1000 appareils pourra être fabriqué quotidiennement par le Project Pitlane durant la pandémie.